Un dossier de photos de banque d’images, achetées pour quelques euros, est tentant : elles sont nettes, bien cadrées, disponibles tout de suite. Mais un visiteur qui arrive sur un site perçoit vite la différence entre une photo prise chez vous et une photo qui pourrait illustrer n’importe quelle entreprise, n’importe où.
La question n’est pas seulement esthétique. Elle touche à ce que les visiteurs regardent réellement, et à ce que Google attend d’une fiche d’établissement.
Vos visiteurs regardent-ils vraiment les photos de votre site ?
Moins qu’on ne le croit, et ça dépend de la photo. Une étude par suivi oculaire du Nielsen Norman Group a observé le regard de visiteurs sur des pages qui listent plusieurs produits : seulement 18 % du temps de visionnage se portait sur les photos, contre 82 % sur le texte (Nielsen Norman Group, Photos as Web Content, 2010).
Les grandes images décoratives, posées pour « faire joli » en haut d’une page, subissent le même sort : le regard les traverse sans s’arrêter. Une photo n’attire l’attention que si elle répond à une question que le visiteur se pose.
Une banque d’images retient-elle l’attention comme une vraie photo ?
Moins bien, et l’écart se mesure. La même étude a suivi le regard de visiteurs sur la page « équipe » de FreshBooks, où chaque membre est présenté par un portrait et une courte biographie. Les visiteurs ont passé 10 % de temps en plus à regarder les portraits qu’à lire les biographies, alors que ces dernières occupaient pourtant 316 % plus d’espace à l’écran (Nielsen Norman Group, Photos as Web Content, 2010). Un petit visage reconnaissable retient plus l’attention qu’un grand pavé de texte, à condition que ce visage soit réel.
Les photos de mannequins de banque d’images, elles, sont peu regardées : le visiteur a vite appris à les reconnaître, et à les ignorer comme le reste du décor.
Et sur une page qui liste plusieurs produits ?
Là, la photo compte encore moins. Sur ces pages, chaque miniature de produit n’a reçu en moyenne que 0,9 fixation du regard, contre 4,4 pour sa description (Nielsen Norman Group, Photos as Web Content, 2010).
Autrement dit, une photo générique glissée dans une grille de produits ou de services ne coûte presque rien en attention. C’est l’endroit où une banque d’images fait le moins de dégâts, à l’inverse d’un portrait ou d’une photo de lieu, sur lesquels le regard s’arrête.
Que dit Google des photos qui ne reflètent pas la réalité ?
Peu de choses sur les banques d’images, mais une exigence claire sur le fond. Pour les photos d’une fiche d’établissement, la résolution recommandée est de 720 par 720 pixels, avec un minimum de 250 par 250, et la règle est simple : « l’image doit être fidèle à la réalité », sans filtres ni retouches excessifs (Google, Ajouter des photos et vidéos).
Le règlement de contenu de Google, qui s’applique aussi aux photos et vidéos qu’on y publie (Google, Règles concernant les photos, les vidéos et le contenu des posts), classe parmi les comportements trompeurs tout « contenu qui ne repose pas sur une expérience réelle, et ne représente pas fidèlement le lieu ni le produit en question » (Google, Règles relatives aux contenus interdits et soumis à des restrictions). Une photo de banque d’images sur une fiche d’établissement coche précisément cette case.
Où les vraies photos comptent-elles le plus ?
Là où le visiteur doit se faire une idée de qui il a vraiment en face de lui : l’équipe, le lieu, le produit tel qu’il est. L’étude sur FreshBooks le montre, un visiteur qui a une personne précise à regarder s’arrête sur elle, à condition qu’elle soit réelle. Sur votre fiche Google, c’est la même logique : les photos qui donnent envie sont celles de votre vitrine, de votre équipe au travail, de vos plats ou de vos réalisations, pas des visages inconnus choisis dans un catalogue.
À Hyères comme ailleurs dans le Var, un client qui hésite entre deux professionnels compare souvent les photos avant de comparer les prix. Une photo prise avec un téléphone, bien cadrée et bien éclairée, raconte davantage qu’une photo parfaite mais interchangeable.
La banque d’images est-elle acceptable, en dépannage ?
Oui, par endroits, mais pas n’importe lesquels. Une illustration abstraite dans un article de blog, une image décorative derrière un titre que personne ne lit vraiment en détail : la différence s’y voit moins, et se joue moins. Sur la page d’accueil ou sur une fiche d’établissement, en revanche, chaque photo porte une promesse : celle de montrer la réalité. C’est là que la banque d’images coûte le plus cher, et qu’elle se voit le plus.
Par où commencer ?
Listez les photos de votre site une par une, et pour chacune demandez-vous ce qu’elle montre réellement : votre équipe, votre lieu, vos produits, ou n’importe quelle entreprise à votre place ? Remplacez d’abord celles qui occupent les emplacements que les visiteurs regardent le plus : la page d’équipe, la fiche Google, les pages de vos produits phares. Un téléphone récent et une bonne lumière suffisent souvent à faire mieux qu’une banque d’images.
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