Un client nous demande parfois s’il doit encore faire imprimer des cartes de visite, maintenant que son numéro tient dans le téléphone de son interlocuteur et que sa fiche Google est à portée de recherche. La question se pose d’autant plus qu’une carte glissée dans dix poches avant d’être regardée finit souvent à la corbeille.
Et pourtant, on tend encore un petit rectangle de papier à une soirée de réseautage, ou lors d’une rencontre improvisée dans une rue d’Hyères. Ce qui compte, ce n’est pas de choisir entre papier et numérique : c’est ce qu’on met sur ce papier, et ce qu’on lui fait faire ensuite.
Une carte de visite papier a-t-elle encore un rôle, à l’heure du smartphone ?
Oui, surtout dans l’instant même de la rencontre. Un numéro demandé à distance s’oublie souvent avant d’être noté ; un objet qu’on tend et qu’on garde en main reste plus facilement en mémoire.
Une étude menée pour Canada Post en 2015, par suivi oculaire et mesure de l’activité cérébrale auprès de 270 participants, a comparé la façon dont le cerveau traite un support physique et un support numérique. Le support physique demandait 21 % d’effort de compréhension en moins, et créait un souvenir de marque 70 % plus élevé que le support numérique (Canada Post, A Bias for Action, 2015). L’étude compare du courrier publicitaire à de la publicité en ligne, pas une carte de visite à un contact enregistré sur un téléphone. Mais le mécanisme qu’elle mesure va dans le même sens : un objet qu’on touche laisse une trace qu’un écran laisse moins facilement.
Faut-il remplacer le papier par une carte connectée (NFC) ?
Pas forcément : les deux se complètent. Une carte NFC embarque une petite puce qui transmet une information dès qu’on l’approche d’un téléphone. Le NFC Forum, l’organisme qui définit ce standard, la décrit comme une technologie sans fil à très courte portée, qui échange des données entre deux appareils situés à quelques centimètres l’un de l’autre, sans appairage ni réglage préalable (NFC Forum, What Is NFC?). En pratique, on approche la carte d’un téléphone, et la fiche de contact ou le site s’ouvrent sans rien installer.
Une carte NFC coûte nettement plus cher qu’un carton imprimé, et elle ne remplace pas l’objet qu’on garde dans un tiroir ou qu’on glisse dans un porte-cartes. Pour une petite entreprise qui démarre, un carton bien conçu, avec un lien ou un QR code imprimé dessus, couvre déjà l’essentiel.
Que doit indiquer une carte de visite, à minima ?
Le nom, la fonction, le téléphone, et un seul chemin vers le reste. Le réflexe courant est d’y entasser l’adresse complète, les horaires, trois réseaux sociaux et la liste des services. Le résultat devient illisible, et personne ne retient rien.
Ce chemin vers le reste peut être un lien court ou un QR code, pointé vers la fiche Google de l’entreprise plutôt que vers une page d’accueil générique. Google propose justement de générer ce type de lien ou de QR code pour obtenir davantage d’avis, mais ce code ne peut aujourd’hui être généré que depuis un ordinateur, pas depuis un téléphone (Google, aide Fiche d’établissement Google, Créer un lien ou un QR code pour demander des avis). Mieux vaut donc le préparer avant de lancer l’impression, pas une fois les cartons reçus. Pour le cabinet d’avocate d’Élise Hinsinger, nous avons dessiné un support « avis Google » du même principe, dans l’identité du cabinet : une carte de visite peut porter la même idée, en plus petit.
Le papier et l’impression font-ils une différence ?
Oui, et ça se voit avant même de lire ce qui est écrit. Un carton fin, un vernis qui s’use en une semaine ou des couleurs qui ne ressemblent plus à celles du logo donnent l’impression inverse de ce qu’on cherche à transmettre. Garder la même couleur dominante que sur le site et les réseaux sociaux, déjà conseillé pour une identité de marque en général, compte aussi sur ce petit format.
Quand la donner, concrètement ?
Moins souvent qu’on ne le pense, et toujours à bon escient. Une carte distribuée à tout le monde, y compris à des personnes qu’on ne recroisera jamais, finit en général dans la corbeille d’un salon professionnel. Elle sert surtout une fois la conversation engagée : un rendez-vous, ou un échange qui mérite d’être prolongé au-delà de la poignée de main.
Par où commencer ?
Reprenez votre carte actuelle, si vous en avez une. Le nom, la fonction et le téléphone s’y lisent-ils sans effort ? Y a-t-il un chemin clair vers votre fiche Google ou votre site ? Si l’une des deux réponses est non, la carte ne travaille pas encore pour vous.
Vous voulez une carte de visite qui porte votre identité jusque dans ce petit format ? Discutons-en.