Aller au contenu
Purisgn

Choisir les couleurs de sa marque : combien, et pour qui doivent-elles être lisibles ?

Neuf couleurs candidates, trois gardées : une dominante, une secondaire, un accent. Le reste du choix se joue ailleurs, dans la lisibilité.

La plupart des entreprises choisissent leurs couleurs à la fin. Le nom est trouvé, le logo avance, et il faut « juste » décider quelle teinte mettre dessus. C’est pourtant une des décisions qui dure le plus longtemps : une couleur de marque change rarement, et mal choisie, elle traîne pendant des années sur chaque support.

Trouver une « belle » couleur n’est pas le vrai problème. N’importe quelle couleur plaît à quelqu’un. Les questions qui comptent sont plus simples : combien en garder, et pour qui elles doivent rester lisibles, sur un écran, une vitrine ou une carte de visite.

Combien de couleurs une marque a-t-elle vraiment besoin ?

Peu. Une couleur dominante, une couleur secondaire, et au besoin une couleur d’accent pour un bouton ou un détail qui doit se voir. Trois couleurs suffisent presque toujours. Au-delà, chaque couleur ajoutée dilue les précédentes : le regard ne sait plus laquelle retenir, et aucune ne devient le signal qui fait reconnaître la marque de loin.

Chaque couleur gardée doit avoir un rôle précis, pas juste « faire joli ». Si vous ne savez pas dire à quoi sert une couleur sur votre support, c’est probablement qu’elle n’en a pas.

Le noir et blanc, est-ce un choix par défaut ?

Non, c’est un choix à part entière, et parfois le plus net. Pour Purclean, un service de nettoyage automobile à Hyères, nous avons construit toute l’identité sur un seul trait blanc sur fond noir : pas de dégradé, pas de couleur du tout, juste une silhouette de voiture reconnaissable immédiatement (voir le projet). Pour la conciergerie Gestion Location Saisonn’Hyères, à l’inverse, une seule couleur porte tout le reste : le logo, les publications Instagram, les signes qui évoquent la mer et la gestion locative (voir le projet). Dans les deux cas, ce qui fonctionne, c’est un parti clair tenu jusqu’au bout, avec ou sans couleur.

Purclean (à gauche) : une identité sans aucune couleur, un seul trait blanc sur noir. Gestion Location Saisonn’Hyères (à droite) : une seule couleur, portée par un signe. Deux choix, tenus jusqu’au bout.

Vos couleurs sont-elles lisibles pour tout le monde ?

C’est la question la plus souvent oubliée, et la plus simple à vérifier. Un texte gris clair sur fond blanc peut sembler élégant sur un bel écran, dans un bureau bien éclairé. Il devient illisible au soleil, sur un vieux téléphone, ou pour une personne qui voit moins bien.

Le W3C, qui écrit les règles d’accessibilité du web, fixe un seuil précis : un texte courant doit avoir un contraste d’au moins 4,5:1 avec son fond pour rester lisible (W3C, WCAG 2.1, critère 1.4.3 « Contraste (minimum) », 2026).

W3C, WCAG 2.1, critère 1.4.3 « Contraste (minimum) » : un texte courant doit avoir un contraste d’au moins 4,5:1 avec son fond.

À cela s’ajoute la vision des couleurs elle-même : environ un homme sur douze présente une forme de déficience de la vision des couleurs, le plus souvent une difficulté à distinguer le rouge et le vert (National Eye Institute (NIH), Color Blindness, 2025). Pour cet homme sur douze, une information donnée seulement par la couleur, comme « le bouton vert pour valider, le rouge pour annuler », peut ne rien vouloir dire du tout. Ajouter une forme, un mot ou une position différente suffit à régler le problème.

National Eye Institute (NIH), 2025 : environ un homme sur douze présente une forme de déficience de la vision des couleurs, le plus souvent entre le rouge et le vert.

La couleur doit-elle rester la même partout ?

Oui, et c’est souvent là que tout se joue. Une couleur choisie avec soin pour le logo, puis réinterprétée à l’œil sur chaque support (un peu plus claire sur Instagram, un peu plus froide sur le site, encore différente sur les cartes de visite), finit par ne plus ressembler à rien de précis.

Nous l’avons déjà expliqué pour la typographie : une marque qui change de police à chaque support perd la cohérence qui la rend reconnaissable (lire l’article). La couleur suit exactement la même règle, et se vérifie aussi vite : posez côte à côte votre logo, votre site et votre dernière publication, et regardez si la teinte est vraiment la même.

Comment choisir concrètement, quand on démarre ?

Regardez d’abord ce que font vos concurrents directs, dans votre secteur et votre ville. Si tout le monde est en bleu, le bleu ne vous distinguera pas. Choisissez ensuite une couleur dominante qui porte un sens, même simple (le bleu pour l’eau, le vert pour le végétal), avant de l’habiller d’une ou deux couleurs secondaires. Pas besoin d’un designer pour ce premier tri : un carton de peinture ou un échantillon imprimé, posé à côté de vos concurrents, suffit souvent à écarter les mauvaises pistes. Testez-la enfin en situation réelle : imprimée, affichée sur un téléphone en plein soleil, et convertie en noir et blanc, pour vérifier que l’identité tient encore sans elle.

Par où commencer ?

Reprenez votre logo, votre site et votre dernière publication, côte à côte. Est-ce la même couleur, à la même intensité ? Un texte important se lit-il aussi bien en plein soleil que sur un écran d’ordinateur ? Ces deux vérifications prennent quelques minutes, et elles disent souvent plus sur une identité visuelle qu’un nouveau logo.

Vous voulez des couleurs qui vous ressemblent et qui se lisent partout ? Discutons-en.

Article suivant

Apparaître dans Google Maps : comment fonctionne le classement local